Un mal terrible se prépare, de Laurent Lussier

31 Mai

Lu par…Gaël

On croît que c’est un SMUR et en fait c’est un VSL

 

 

 

 

Le prix Virilo étant un prix de littérature FRANCOPHONE, les jurés se doivent d’explorer ce qui se passe outre-hexagone, dans un esprit d’ouverture totale.

Et il en fallait pour aller jusqu’au bout de cet ouvrage aux multiples visages. Au départ, j’ai crû qu’il s’agissait d’un manuel de camping. Puis d’un Guide du Routard de la ZAD de Notre-Dame-lès-Québec. Puis d’un roman d’aventures paru en feuilleton dans la revue des Deux Mondes en 1886. Puis d’un livre de développement personnel. Et en fait c’est un peu tout ça et, partant (attention mot à retenir destiné à remplacer définitivement le « du coup » du parisien contemporain dont nous essayons tous, sans succès, de nous défaire), ça n’est pas grand-chose. C’est dommage parce que la littérature québécoise pourrait être le lieu de l’invention d’une « littérature des grands espaces » en langue française et assise sur les enjeux contemporains, et c’était ce que j’avais espéré en voyant la couverture : un trappeur moderne faisant rôtir son dîner sur fond vert fluo du meilleur aloi.

Bref, le narrateur part faire du camping. Ayant repêché une chauve-souris couverte d’un étrange acné à proximité d’une flaque de produits chimiques évoquant un film de zombies des années 1970, il rencontre deux activistes de la protection de la faune mais attention, des activistes GENTILS. Ils ont une camionnette genre SMUR pour animaux, version 4×4, et partent sauver les lépidoptères en détresse au moindre appel (le bilan écologique de chaque intervention n’est pas détaillé). Par contre ils sont GENTILS, ils n’ont aucune action visant à éviter que les animaux soient empoisonnés ou amochés par les activités humaines et ne critiquent jamais personne. Ensuite il arrive à la base des éco-citoyens où ils se rendent compte que d’autres animaux souffrent de cet acné d’origine inconnue. Ensuite il y a des péripéties. Ensuite ils tiennent presque le coupable de l’empoisonnement mais ce dernier s’enfuit de manière rocambolesque de la grotte où il avait caché son matériel (c’est la partie Arsène Lupin). Ensuite le narrateur a fini ses vacances et rentre chez lui. Il n’a plus jamais de nouvelles de ses ex-nouveaux amis et d’ailleurs il s’en fout car il est SEREIN DANS SA TÊTE. Personne ne dénonce à la police l’homme qui a tenté de détruire toute la faune d’une zone naturelle pour s’amuser. Par hasard (il est à un barbecue, il raconte ses aventures à une parfaite inconnue et elle fait le recoupement avec un homme qu’elle a connu…) il découvre l’identité du coupable mais décide de ne rien faire, plutôt d’admirer cet homme qui a su aller jusqu’au bout de son devenir-salopard. A la fin on découvre que chaque chapitre de cette aventure a inspiré au narrateur un petit mantra et qu’il dispose désormais d’un mini bréviaire en 16 chapitres du mec GENTIL et SEREIN DANS SA TÊTE.

Voilà. C’est n’importe quoi. On attend à chaque moment que ça décolle mais non, chaque péripétie est annoncée, expliquée, puis racontée. Ensuite il y a un mantra. Le jury poursuit sa mission spéciale outre-Atlantique.

 

Mec gentil ou mâle terrible ?

L’amie prodigieuse, d’Elena Ferrante

30 Mai

Lu par…Bérénice

Zéro moustache, j’ai le droit, c’est du roman étranger et hors charte Virilo

 

Les jurés du Prix Virilo, hardis et courageux, s’aventurent hors romans français passé novembre, et ce jusqu’au 25 août environ. Ne nous leurrons pas, c’est le plus souvent un soulagement.

Ils taisent ces incursions et prétendent passer l’année à surveiller les publications NRF comme le lait sur le feu. Heureusement, Mediapart fait très bien le boulot pour eux. Oui, cet article était en brouillon depuis plus d’un an.

Hors des frontières de la francophonie (des jurés sont allés en vacances au Québec récemment), on lit généralement de très bons libres. Généralement ils sont publiés chez Gallmeister. Hélas, trois fois hélas, le juré cède parfois aux sirènes de la notoriété et lit du Gallimard étranger. Impossible de passer à côté, si vos parents ne l’ont pas lue, vos ami.e.s l’ont fait, ou alors vos collègues. On vous a dit que c’était génial, envoûtant, incroyable, bref on vous a mis de force L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante entre le mains. Pire, vous avez fait confiance aux rumeurs.

Elena Ferrante, donc. Les lecteurs qui ont acheté cet article ont également acheté Au-revoir là-haut, de Pierre Lemaître, La vérité sur l’Affaire Harry Québert, de Joël Dicker et Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, de Raphaëlle Giordano. Un panthéon serré dont on comprend qu’Elena sorte par le haut.
Grâce à L’amie prodigieuse, on ressort armé pour la vie. Par exemple « Toute la vie, on aime des gens qu’on ne connaît jamais vraiment ». Uppercut.

Qui ?

Elena/Lena/Lenù et Lina/Lila/Raffaella (20 pages superflues relatives aux différentes appellations des protagonistes réussissent à n’ajouter aucune profondeur de caractère aux héroïnes) sont deux amies qui auraient grand besoin de quelques rendez-vous chez le psy. Tout au long des quatre tomes on essaye vainement de leur trouver quelque qualité mais elles sont désagréables de bout en bout.

Lena est très généreuse et ne ment jamais, mais elle a un caractère difficile. Lina n’en fait qu’à sa tête et n’obéit qu’à son instinct. Elle refuse de se comporter comme devrait le faire une fille et proclame son égalité avec les deux garçons du groupe.

(J’avais un peu la flemme donc j’ai copié une partie de la description de Wikipédia pour le Club des 5.)

Où ?

Dans un style émouvant et sensible, les angoisses et les tribulations d’un enfant. À travers une vaste galerie de personnages, il fait revivre une multitude de petits événements de la vie de quartier, les rires, les larmes, les joies et les peines, les petites galères, les coups de colère, les réconciliations. C’est tout un monde qu’explore ce livre, celui de l’enfance en général, de celle de l’auteur en particulier, mais aussi celui du petit Naples des années 50.

(J’avais un peu la flemme donc j’ai copié la description de Wikipédia pour Les allumettes suédoises et j’ai remplacé Montmartre par Naples et 30 par 50.)

Argument ? (le point d’interrogation n’est pas une typo)

L’amie prodigieuse est une suite romanesque en quatre volumes sur un fond de luttes sociales et morales. Le personnage principal est Raphaëlla Cerullo (Lina/ Lila), qui est une petite fille au début du roman. Il s’agit d’une famille modeste et honnête, et de ses relations avec un voisinage pas toujours aussi responsable ni exigeant moralement.

(J’avais un peu la flemme donc j’ai copié la description de Wikipédia pour Le pain noir et j’ai remplacé Catherine Charron par notre héroïne et enlevé « scrupuleuse » après honnêteté parce que c’est Naples, pas le Limousin.)

Comment ?

Elena Ferrante réussit à être aussi insipide que possible sur plus de 2 000 pages (écrit gros mais quand même), à commencer son roman un peu n’importe comment et à le finir de même, lorsqu’elle s’est dit « oh flûte, j’avais écrit ça » et que son éditrice lui a dit « Lélé, tu déconnes, tu ne peux quand même pas prendre tes lecteurs pour des jambons ». Finalement c’est passé crème.

Des citations ?

Devenir. « Ce verbe m’avait toujours obsédée… Je voulais devenir sans même savoir quoi. Et j’étais devenue, ça c’était certain, mais sans objet déterminé, sans vraie passion, sans ambition précise. » Quelle vision. Elena est a-Deleuze, chez elle le devenir est le processus de l’aboulie intellectuelle.

Telerama écrivait en 2017 d’Elena Ferrante que « sa littérature se lit à toute allure ». Pour être plus précise, elle se lit à toute allure, dans le noir, après une grande bouteille de vin, et de préférence le livre fermé.
Comme le dit Lena, « Ce n’était pas de la haine […] Mais je ne supportais pas le vide de sa dérobade. »
Exactement ce que je pense de L’amie prodigieuse, comme quoi Elena Ferrante est perspicace.

Aussi subtil qu’une calzone frite. Le jambon ET la crème.

D’Ommage !

6 Déc

Jean d’Ormesson était une figure importante de la rentrée littéraire, une des voix les plus singulières de sa génération, et le jury du Prix Virilo se doit de lui rendre un dernier d’Ommage.

Depuis plusieurs années, nous guettions à chaque rentrée le titre le plus d’Ormessonnien pour attribuer le convoité accessit Jean d’Ormesson du titre le plus Jean d’Ormesson. Les élèves n’ont pas toujours été à la hauteur du maître ; le maître lui-même, d’ailleurs…

Visionnaire dès 2010, Jean d’Ormesson avait remporté le prototype pas encore tout à fait abouti : l’accessit du titre qui sera bientôt plus long que le texte en quatrième de couverture pour C’est une chose étrange à la fin que le monde.

Après un long travail du service R&D, c’est en 2013 que Jean d’Ormesson se voit remettre l’accessit Jean d’Ormesson du titre le plus Jean d’Ormesson pour Un jour, je m’en irai sans avoir tout dit. Nul n’est prophète en son pays.

2014 et 2015 : l’inspiration déserte la France. En 2016, enfin, à la stupeur du monde des lettres germano-pratin, l’accessit Jean d’Ormesson du titre le plus Jean d’Ormesson ne revient pas à Jean d’Ormesson, mais à Arthur Bernard pour Tout est à moi, dit la poussière.

Pour 2018, le jury à l’unanimité et à titre présthume attribue l’accessit Jean d’Ormesson du titre le plus Jean d’Ormesson à Jean d’Ormesson pour Et moi, je vis toujours. Nul n’est prophète en son pays.

Le célèbre écrivain à moustache

Palmarès 2017

8 Nov

 

LAURÉAT DU PRIX VIRILO 2017 :

 

Le jury décerne le Prix Virilo 2017 à

Écume

de Patrick K. Dewdney (La Manufacture de Livres – Territori)

Le jury salue cette œuvre qui raconte un père et son fils, marins-pêcheurs. Comme il y a moins de poissons, parfois, ils font passer des migrants vers l’Angleterre. Le livre de Dewdney ne se contente pas d’arraisonner deux réalités urgentes, il le fait dans un style humide, formidable et glaçant qui vous rappellera que la littérature sait désarçonner un lecteur avec force tout en le gardant dans ses filets avec grâce.

 

 

LAURÉAT DU PRIX « TROP VIRILO » 2017 :

 

La rentrée littéraire manque parfois de talent mais jamais de testostérone. Pour récompenser cette giclure excessive, le Prix Trop Virilo a dû départager en finale Éric Reinhardt, candidat pourtant très sérieux, et le gagnant

 

Alexandre Jardin, pour

Ma mère avait raison (Grasset) et l’ensemble de son fil Twitter

 

On ne sait plus quoi saluer : l’œuvre ou son dépassement intertextuel sur les réseaux. C’est un livre, doublé de jaillissements par salves de 140 signes, triplé d’une sorte de harcèlement littéraire de rue, le tout maquillé en un appel à vivre « le vivant de la vie ».

 

Quel homme

Quel homme (bis)

 

C’est sur cette double récompense que Le Virilo et le Femina clôturent avec soulagement la rentrée littéraire, qui fut encore le consternant spectacle d’un art en train de s’étouffer dans sa propre mollesse. Heureusement quelques auteur.e.s relèvent le gant. Ils étaient 5 en finale :

Le cénotaphe de Newton de Dominique Pagnier (Gallimard)
La Toile de Sandra Lucbert (Gallimard)
Un certain M. Piekielny de François-Henri Désérable (Gallimard)
Écume de Patrick K. Dewdney (La Manufacture des Livres)
Fief de David Lopez (Seuil)

Bravo à elle, bravo à eux.

 

QUELQUES ACCESSITS 2017 :

 

Le Virilo ne serait rien sans ses nombreux accessits. En voici quelques-uns.

– L’accessit du gon le plus court revient à L’ordre du jour, d’Éric Vuillard, pour son acceptable nouvelle de 150 pages étroites (enfin un Goncourt qui sera lu en entier).

– L’accessit du fétichisme que l’on ne connaissait pas revient à Éric Reinhardt pour La chambre des époux et le désir du narrateur pour les femmes chauves sous chimio.

– L’accessit Matt Damon du mec nominé partout qui ne gagnera rien revient à F.H. Désérable, pour Un certain M. Piekielny

– il remporte aussi l’accessit de la blague moyenne répétée plusieurs fois dans un même livre (à savoir « Je me suis réveillé à l’aube, il était midi »)

– L’accessit de la mise en abyme qui finit dans le trou revient à Jean-Philippe Toussaint pour Made In China, un livre qui retrace les tournages en Chine par Jean-Philippe Toussaint des adaptations des livres autobiographiques de Jean-Philippe Toussaint. Vertige.

– L’accessit du Goncourt de circonstance revient à Leïla Slimani pour Simone Veil, mon héroïne (et pour sa nomination)

– L’accessit « On a les combats qu’on peut à Saint Germain des Prés » revient au consternant Une apparition, de Sophie Fontanel. Laquelle raconte son combat pour assumer ses cheveux gris.

– L’accessit Fumer tue (et notamment le style) revient au très vide Taba-Taba, de Patrick Deville

– L’accessit de l’auteur qui veut vraiment te faire comprendre qu’il est cultivé mais n’y arrive pas revient à Simon Liberati et ses Rameaux Noirs

– L’accessit « Paradise Papers » de l’éternelle révélation revient à Innocence, d’Éva Ionesco

– Le Prix « Pilon » de la Forêt qui Pleure récompensant le ratio qualité littéraire / (tirage + barouf médiatique) revient à Un Amour d’espion, de Clément Benech, qui ne méritait pas tout ce foin.

– Sur une note un peu plus historique, l’accessit « Camp de la Petite Mort » revient à Yves Flank, pour Transport, un ouvrage qui tente de faire coïncider déportation et rêveries érotiques.

– L’accessit de l’auteur de BD qu’on aime bien mais de l’auteur de roman qu’on n’aime pas est remis à Vous connaissez peut-être, de Joan Sfar

– Et enfin, l’accessit de la scène d’amour la moins reproductible (et on a essayé) revient à Olivier Chantraine, pour la scène dite « de la photocopieuse trieuse » dans son roman Un élément perturbateur. Un (trop court) extrait : « Cette photocopieuse dégage une chaleur infernale qui ne risque pas de calmer mon désir de faire l’amour avec elle sans attendre une seconde de plus »

 

Nous nous tenons à votre disposition pour défendre nos choix et papoter littérature. Vous êtes les bienvenus à la soirée officielle, au Grand Bréguet (Paris XI), grosso modo vers 20h20 ce jour.

Depuis 9 ans, le jury mixte du prix Virilo reste fidèle à ses principes : il porte la moustache, chaque membre est tenu de « voter en homme » et le seul commerce entretenu avec les maisons d’édition est l’obligation d’acheter les livres.
Les enfants s’y plieront désormais puisque sera remis pour la deuxième année, peu avant les fêtes, le Virilo des Maternelles, en réponse au Goncourt des Lycéens.

Écume, de Patrick K. Dewdney

1 Nov

Lu par…Philippe

4 moustaches en hameçon

 

 

 

 

Ahhhh, enfin !

Précédent finaliste avec Crocs, P.K. Dewdney mord à nouveau dans la finale du Virilo avec Écume, dont le résumé met à l’amende les ¾ de la rentrée littéraire : un pêcheur (appelé le père) prend la mer (got it ?) avec son fils (le fils, narrateur). Le père est mutique-chelou, puisqu’il ne dit rien (mais rrrrien). Le rafiot s’appelle la Gueuse. Il n’y a presque plus de poissons alors parfois, on convoie des migrants vers les rives anglaises – il faut bien acheter des appâts et du corned beef. Et puis un jour…

ENFIN !

Mais enfin quoi ! EN-FIN ! MERCI ! C’ÉTAIT SI DIFFICILE ?

Les livres francophones ne veulent plus arraisonner le réel. Ou si peu. On lit « un bon bouquin » comme on va à l’opéra : pour apprécier les échos chamarrés d’une langue que l’on ne parle plus, en connaisseur. Depuis 9 ans, chaque rentrée littéraire est le consternant spectacle d’un art en train de crever d’un lent étouffement, dans la douceur du quant-à-soi des beaux esprits sensibles.

Heureusement, quelques auteur.e.s viril.e.s relèvent encore le gant. En écriture, il est donc possible de ne pas rester enlisé dans l’ornière de son nombril.

ENFIIIIIIIIIN

Grâce en soi rendue notamment à P.K. Dewdney pour avoir allié avec intelligence les thèmes des migrants, de l’eau, de l’appauvrissement des ressources halieutiques, de la solitude, de l’exploitation commune, de la dérive, de la haine, de la nécessité, du fatalisme et de la folie en un court ouvrage ouvragé.

Évidemment, certains n’aimeront pas. L’écriture est très… écrite. Chaque terme se veut exact. Tu es marin ? Les taquets te manquent ? T’en auras. (En même temps, tout le monde a soi-disant kiffé Moby Dick, autrement plus ardu sur le vocable des baleiniers). Les images sont toutes originales, signifiantes, légèrement sur-écrites. Tant pis pour le confort du lecteur qui aux premières pages aura un peu la gerbe devant le style riche, fort, bref un peu chargé… heureusement jamais ampoulé.

En mer, c’est quand on a le mal de mer qu’il faut s’accrocher : pour peu que l’on retrouve son pied marin, que l’on accepte le sol truqueur de la mer – à la fois précis et se dérobant, en ce sens très à l’image du style de Dewdney – alors seulement pourra-t-on vivre sa petite odyssée formidable, et pourtant si commune, et pourtant si terrible.

Pour toutes ces raisons, un livre qui mérite amplement sa place en final. « When the Virilo follows PK Dewdney, it is because it thinks littérature sardines will be thrown at the sea. »

https://www.youtube.com/watch?v=bTq6aApCBnA

 

Juré ayant retrouvé son pied marin passées les premières pages de vomi

Les finalistes 2017

31 Oct

 

Le Prix Virilo est remis chaque année, depuis 9 ans, un poil dans la main, un livre dans l’autre, pour rire un peu avec (et malgré) la rentrée littéraire. La remise de la cuvée 2017 des Prix Virilo, Trop Virilo et de la ribambelle d’accessits se fera le 8 novembre, quelques minutes avant la remise du prix Femina, même endroit. Les jurés ont sacrifié temps, argent et dioptries pour lire à votre place des livres qui n’en valaient pas la peine.

Au mépris total des équilibres entre maisons d’édition, les finalistes de ces prix tant convoités sont cette année les suivants.

FINALISTES DU PRIX VIRILO 2017   (meilleur roman francophone de l’année)

 

– Le cénotaphe de Newton, de Dominique Pagnier (Gallimard)

– La Toile, de Sandra Lucbert (Gallimard)

– Un certain M. Piekielny, de François-Henri Désérable (Gallimard)

Le reste n’est pas publié par Gallimard, mais on a aimé quand-même :

– Écume, de Patrick K. Dewdney (La Manufacture des Livres)

– Fief, de David Lopez (Seuil)

 

FINALISTES DU PRIX TROP VIRILO 2017  (giclure excessive de testostérone littéraire)

 

– La chambre des époux, d’Éric Reinhardt (Gallimard), pour sa chimiothérapo-philie

– Un élément perturbateur, d’Olivier Chantraine (Gallimard), pour une scène de photocopieuse qui donne ses lettres de noblesse au recto-verso

– Tout sur le zéro, de Pierre Bordage (Au diable vauvert), qui n’écrit « sodomie » qu’assortie d’un « si j’ose dire »

– Fief, de David Lopez (Seuil), parce qu’il n’y a pas de raison de ne pas recevoir les deux prix d’un coup

– Ma mère avait raison, d’Alexandre Jardin (Grasset), par évidence

– Nos vies, de Marie-Hélène Lafon (Buchet-Chastel), pour sa fascination mammaire

 

 

Rappelons que le jury (mixte) achète ses livres, vote en homme et porte une moustache. Aucun commerce avec les maisons d’édition n’est toléré. Le récipiendaire reçoit 11 euros (une euro de plus qu’au Goncourt).

Pour la seconde année, le Prix Virilo sera assorti au moment des fêtes du Virilo des maternelles, une réponse (et un complément) au Goncourt des lycéens.

Retrouvez toutes nos critiques sur notre site (https://leprixvirilo.com/) attention, nous avons changé d’adresse, et tout notre amour lors de la remise du Prix Virilo… le même jour que le Femina (le 8/11) ; et à la soirée qui suivra au bar « Le Gourbi Palace » – RSVP (lieu susceptible d’évoluer, nous communiquerons à ce sujet le cas échéant).

 

 

 

 

 

Précédent lauréats du Prix Virilo :

 

2008 : Robert Alexis, pour Les Figures

2009 : Laurent Mauvignier, pour Des hommes

2010 : Emmanuel Dongala, pour Photo de groupe au bord du fleuve

2011 : Éric Chevillard, pour Dino Egger

2012 : Pierre Jourde, pour Le Maréchal absolu

2013 : Céline Minard, pour Faillir être flingué

2014 : Grève du jury devant la piètre qualité de la rentrée littéraire

2015 : Douna Loup, pour L’Oragé

2016 : Fanny Taillandier, Les États et empires du lotissement Grand Siècle – Archéologie d’une utopie

 

 

 

Précédent lauréats du Trop Virilo :

 

2008 : Pierre Bisiou, pour Enculée

2009 : Valéry Giscard d’Estaing, pour La Princesse et le Président

2010 : Virginie Despentes, pour Apocalypse bébé

2011 : Éric Reinhardt, pour Le Système Victoria

2012 : Éric Neuhoffpour Mufle

2013 : Marie Nimier, pour Je suis un homme

2014 : grève du jury

2015 : Jean Teulé, pour Héloïse Ouille! & Sophie Divry, pour Quand le diable sortit de la salle de bain

2016 : Olivier Pypour Les Parisiens

 

 

Précédent lauréats du Virilo des maternelles :

2016 : Fabien Clouette, pour Le Bal des ardents

Un certain M. Piekelny, de François-Henri Désérable

27 Oct
Lu par…Charlotte

Au poil !

 

 

 

Cette année, le jury a décidé de faire court, on va faire court : Un certain M. Piekelny est un roman brillant. Parti à la recherche de Piekelny, voisin du petit Roman Kacew et futur grand Romain Gary, François-Henri Désérable entremêle l’Histoire à la légende et le réél au fantasmé au point d’étourdir le lecteur qui, à défaut d’être un spécialiste de Gary, de Piekelny ou de Désérable, ne saura distinguer le vrai du faux.

 

Mis en scène par une écriture tout en finesse et humour, ce jeu espiègle imposé aux lecteurs par Désérable enthousiasme de bout en bout. A la fin, alors que l’on regrette d’atteindre les dernières pages, on réalise que le personnage principal de ce roman vif et truculent n’est autre que la littérature.

 

Lu aussi par…Lina

 

Chocolat à la liqueur

 

 

 

 

Un livre, « c’est comme une boite de chocolat on ne sait jamais sur quoi on va tomber… ».

Je suis une lectrice déçue… tout avait bien pourtant si bien commencé, on m’avait fait la promesse, non pas de l’aube, mais d’un très bon roman, bien écrit et fort drôle. Présent sur toutes les listes des prix littéraires, il ne pouvait que me plaire.

 

J’ai effectivement dévoré les premières pages me demandant où cette intrigue allait nous mener… et bien nulle part, à force de digressions et de jeux de mots de papa,  j’avoue que ce livre m’est tombé des mains.

 

Je remercie néanmoins chaleureusement François-Henri Désérable car grâce à lui j’ai compris :
– que les jurés des prix littéraires (car il est partout) ne lisent que les premières pages des romans qu’ils choisissent,
– que seul Chevillard sait faire du Chevillard,
– que ça m’agace fortement de payer pour un livre que je ne finis pas.

Juré (à droite) courant après la littérature

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