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Le Prix Virilo a 10 ans ; déjà 10 romans non sélectionnés

25 Sep

Apparu en 2008 « par nécessité ontologique », le Prix Virilo est remis chaque année en même temps que le Femina. Le 9 novembre (réservez votre soirée), il fêtera ses dix ans à Paris, en présence de ses nombreux amis et surtout ennemis.

Le jury, mixte mais moustachu, décernera ses récompenses à cette occasion : meilleur livre (il y en a un) et pires ratés de l’année (il y en a beaucoup trop). Le Prix Virilo est le seul prix littéraire dont les jurés achètent et lisent les livres. Cet amateurisme est compensé par un vif penchant pour la boisson, conforme aux standards du monde littéraire. En attendant la liste des sélectionnés fin octobre, voici une liste de livres non-sélectionnés, en raison de leur excellente médiocrité :

 

Christine Angot, Le tournant de la vie (Flammarion) : ha ha ha !

Jérémy Fel, Helena (Rivages) : Jérémy epic Fel

David Foenkinos, Vers la beauté (Gallimard) : vers le pilon, aussi

Patrice Franceschi, Dernières nouvelles du futur (Grasset) : a inventé la SF auto-satisfaite

Emilie Frèche, Vivre ensemble (Stock) : popotins mondains

Matthias Jambon-Puillet, Objet trouvé (Anne Carrière) : cusé par un juré vegan

Nadine Ribault, Carnets de la mer d’Okhotsk (Le mot et le reste) : pour les fans de poteries Jômon

Vanessa Schneider, Tu t’appelais Maria Schneider (Grasset) : malgré de belles fiches Wikipédia

Jean Teulé, Entrez dans la danse (Juillard) : Teulé, quoi

Elena Ferrante – Hors compétition, pour l’ensemble de son œuvre : mais arrêtez, franchement

 

La liste des finalistes sera annoncée fin octobre.

 

D’Ommage !

6 Déc

Jean d’Ormesson était une figure importante de la rentrée littéraire, une des voix les plus singulières de sa génération, et le jury du Prix Virilo se doit de lui rendre un dernier d’Ommage.

Depuis plusieurs années, nous guettions à chaque rentrée le titre le plus d’Ormessonnien pour attribuer le convoité accessit Jean d’Ormesson du titre le plus Jean d’Ormesson. Les élèves n’ont pas toujours été à la hauteur du maître ; le maître lui-même, d’ailleurs…

Visionnaire dès 2010, Jean d’Ormesson avait remporté le prototype pas encore tout à fait abouti : l’accessit du titre qui sera bientôt plus long que le texte en quatrième de couverture pour C’est une chose étrange à la fin que le monde.

Après un long travail du service R&D, c’est en 2013 que Jean d’Ormesson se voit remettre l’accessit Jean d’Ormesson du titre le plus Jean d’Ormesson pour Un jour, je m’en irai sans avoir tout dit. Nul n’est prophète en son pays.

2014 et 2015 : l’inspiration déserte la France. En 2016, enfin, à la stupeur du monde des lettres germano-pratin, l’accessit Jean d’Ormesson du titre le plus Jean d’Ormesson ne revient pas à Jean d’Ormesson, mais à Arthur Bernard pour Tout est à moi, dit la poussière.

Pour 2018, le jury à l’unanimité et à titre présthume attribue l’accessit Jean d’Ormesson du titre le plus Jean d’Ormesson à Jean d’Ormesson pour Et moi, je vis toujours. Nul n’est prophète en son pays.

Le célèbre écrivain à moustache

Tardigrade, de Pierre Barrault

27 Sep

Lu par Bérénice

critique4

Moustaches surréalistes

 

Tardigrade, de Pierre Barrault, est un tout petit livre : il se lit donc le temps d’un trajet de métro et peut se perdre facilement, un peu comme son personnage principal. Il est jaune, et donc beau, ce qui est un plus.

Qu’est-ce ?

Depuis l’avènement du gif, tout le monde connaît le tardigrade, également appelé « ourson d’eau »  pour une raison vraiment mystérieuse.

Tardigrade imberbe, fig. 1

Tardigrade imberbe, fig. 1

Taxon extrêmophile – c’est aussi comme ça que j’aime appeler Manuel  Valls –, le tardigrade est microscopique et quasi impossible à tuer. Pierre Barrault en fait le héros de son ouvrage, mi-animal mi-humain, angoissé par sa nature et évoluant dans une société qui ressemble beaucoup à la nôtre. Le tardigrade, dans ce livre qui s’égrène en douze parties, fait face à des accidents récurrents (ses amis tombent du balcon, ce qui aurait pu être évité s’ils n’avaient pas regardé à l’extérieur, par exemple) et doit fréquemment faire appel à l’assistance technique (qui n’a pas souhaité le faire en constatant que les bancs de sa rue étaient en panne, faute d’installation ?).

Manifeste fabulo-absurde

L’identité du narrateur, constant questionnement, ses relations à l’altérité, qu’il s’agisse de sa femme, son voisin, les passants ou même son appartement puisque les immeubles et les objets ne sont pas ici moins soumis à changement que les personnes, en font un carnet touchant. Peut-être se répète-t-il un pouième, tourne-t-il en rond légèrement, aurait-il mérité d’être un petit peu plus contestataire.

Le journal du tardigrade est un roman particulier, très au-delà de l’échelle de l’étrange (et se regardant peut-être un peu écrire). Revenant régulièrement aux premières définitions scientifiques que l’on peut trouver de cet animal singulier, le premier roman de Pierre Barrault se situe à mi-chemin entre les fables d’Esope,  les comédies d’Aristophane et le mouvement Dada.

 

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Palmarès 2015

4 Nov
Les jurés sont contents : c'est fini pour cette année

Les jurés contents : c’est fini pour cette année

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LAUREAT DU PRIX « VIRILO » 2015 :

Ce fut un vote passionné.

Le jury décerne le Prix Virilo 2015 à :

L’Oragé, de Douna LOUP (Mercure de France)

L’Oragé est le titre magnifique de cet ouvrage qui croise avec élégance l’histoire récente de Madagascar et les trajectoires de deux grands écrivains. C’est une langue poétique que celle de Douna Loup. Les couchers de soleil y sont lourds, et leurs derniers rayons grandissent un peu plus les ombres des deux poètes qui recouvrent donc la terre de Madagascar et –c’est tant mieux- cette rentrée littéraire.

Elle l’emporte, pour 6 voix contre 5, face à Une forêt profonde et bleue de Marc Graciano (Editions Corti). Elle se verra donc remettre par le jury un chèque de 11 euros, soit un euro de plus que le Prix Goncourt.

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LAUREAT DU PRIX « TROP VIRILO » 2015 : .

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trop virilo

L’évidence Trop Virilo

 

La rentrée littéraire manque parfois de talent mais jamais de testostérone. Elle jaillit, elle pègue, elle s’impose. Comme c’est chic et qu’il était tard, nous avons, nous aussi, un ex aequo pour le prix Trop Virilo 2015.

Quand le diable sortit de la salle de bain, de Sophie DIVRY (Notabilia).

Le Prix Trop Virilo, c’est une ambition. Nous recherchons le bukkake littéraire. Merci à Sophie DIVRY d’y avoir si littéralement répondu par son calligramme turgescent. Le reste du bouquin est creux, mais comblé par plein d’idées un peu marrantes, vraisemblablement issues d’un brainstorm de publicitaires cherchant à « revitaliser le format livre et lui rendre son effet waouh».

Héloïse Ouille !, de Jean Teulé (Julliard).

Jean Teulé n’avait toujours pas remporté le prix Trop Virilo. Eh non. Surprenant… Avec Héloïse Ouille ! il est allé au bout de son talent (du moins nous l’espérons) pour remettre au goût du jour l’histoire d’amour borderline entre Abélard et Héloïse… Et relancer ainsi le débat sur le maintien du latin au collège à travers la création d’un nouveau genre littéraire : le « Latin Porn ». Merci et Bravo à lui.

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QUELQUES ACCESSITS 2015 :

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Une rentrée littéraire, c’est aussi beaucoup d’ennui. Pour le tromper, voici quelques-uns de nos accessits. 

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Le Prix Pilon de la Forêt qui pleure (Cuvée COP 21) revient cette année à Christine ANGOT, pour son Amour impossible, dont les qualités littéraires ne parviennent malheureusement pas à justifier le coût carbone de son impression et de sa distribution.  

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– L’accessit « Lou Doillon » de l’auteur dont la famille est formidable (et on est content pour elle) revient à Delphine DE VIGAN, bientôt à court d’anecdotes personnelles ce qui est pour le jury du Virilo une source d’espoir inquiet.

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–  L’accessit « Robert Hossein » de l’adaptation historique qui va mal vieillir est attribué à Nathalie AZOULAI pour Titus n’aimait pas Bérénice.

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– L’accessit « Abattoir d’Alès » de l’ouvrage dans lequel un animal fait clairement l’objet de maltraitance revient à Patrick K. DEWDNEY pour son excellent Crocs. Et ce que nous appelons entre nous « l’affaire du bichon ».

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L’accessit « Merci pour ce Moment » de la dispute adultérine mais publique est décerné à Emilie FRECHE pour Un homme dangereux.

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L’accessit « de l’auteur qui, quand son éditeur demande un roman sur Daech, ou sur le bicentenaire de Waterloo, répond « OK je prends les deux» » revient à Romain PUERTOLAS pour Re-vive l’empereur.

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– L’accessit «  du livre qui donne ses lettres de noblesse à quelque chose qui ne les méritait peut-être pas » revient sans hésitation à Marc GRACIANO (Une forêt profonde et bleue), pour sa précise et précieuse description du smegma d’un violeur.

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C’était une belle année.

A l’année prochaine et ne lisez pas trop…

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virilo2015

Un poil dans la main, un livre dans l’autre.

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Autour du Monde, de Laurent Mauvignier

20 Oct
duvet à la carte

Moustache stylée

   Les Editions de Minuit 

   Lu par David

Que s’est-il passé aux quatre coins de la planète en mars 2011, au moment où le Tsunami japonais exhibait son horreur aux yeux du monde ? Des milliards de petites histoires anonymes, sans liens apparents, si ce n’est cette toile de fond, ce radeau de la méduse planétaire sur lequel nous voguons sans nous tenir la main.

Le tour du monde en 14 … histoires

De la belle ouvrage

De la belle ouvrage

Parmi ces histoires, l’auteur en a imaginé quatorze. Quatorze voyages hétéroclites, quatorze bouts de vie loin de chez soi, quatorze moments différents mais qui se déroulent au même moment, autour du monde, piégés par la plume experte de Laurent Mauvignier.

Le livre dévoile avec une facilité sidérante les coulisses de vies banales, vibrant à leur façon au moment du choc. L’auteur nous propose une plongée dans l’intimité protégée du monde au moment précis où un drame national nous rappelait la fragilité de notre socle commun.

C’est sans doute ce bon vertigineux entre le tout et les parties qui a motivé l’entreprise littéraire. Ce changement brutal de distance focale entre le choc global et les micro-ondes particulières. Ce lien entre notre planète qui tremble de tout son bloc et les traces infimes qu’elle laisse sur le chemin des individus qui la composent.

Autour des mots

L’enjeu est là, mais très vite, il perd de son impact. On comprend le message : les hommes, malgré l’information globale et le racourcissement des distances, restent des êtres seuls. Le Tsunami qui unie la côté japonaise dans la dévastation perd de son intensité à mesure que l’on s’éloigne de l’épicentre, et la vie, banale et anonyme reprend ses droits.

La leçon est belle et subtilement distillée. Chaque nouvelle nous place auprès d’un voyageur nouveau, qui loin de chez lui, fait l’expérience individuelle de l’espace et du temps,  de ce fil invisible qui ne rompt jamais. Car, tout autour du monde, les vies continuent…

Ce fil ténu est à la fois la justicification et la faiblesse de ce livre, là où l’entreprise de Mauvigner atteint sa propre limite.  Le lien entre le tout et les parties est bien trop léger pour faire office de conducteur. Et les moments de vies deviennent vite accumulation de portraits virtuoses.

La grande vague japonaise ne nous porte pas bien loin. Nous naviguons plutôt  sur le dos des mots, dans le courant maîtrisé des images qui donnent vie à des êtres physiquement et psychologiquement éloignés les uns des autres, mais si proche de nous…

La littérature, c’est les autres

Laurent Mauvignier fait de la littérature et nous donne une nouvelle preuve qu’un bon scénario, qu’une intrigue ficelée, qu’un pitch admirable n’a rien à voir avec un bon livre (cf. critique précédente).

Posée sur presque rien, l’écriture de Mauvignier à cette capacité rare à donner vie imméditement. En jouant sur les temps, les effets de fondus, les rythmes et les rimes thématiques, il transcende la prose quotidienne. La pureté du langage et la précision psychologique nous transpose en quelques mots dans le monde des autres. Un véritable tour de force littéraire.

Et le plaisir que nous en retiront nous renseigne aussi sur ce qu’on vient chercher dans un livre.

Une vague idée de Tsunami

Une vague idée du Tsunami

On comprend en passant de monde en monde que lire c’est se donner la possibilité de sortir de soi, de vivre cent vies (quatorze dans notre cas), de s’incarner dans l’autre et de se regarder à travers les yeux du monde. Une manière de lutter contre l’insoutenable unicité de l’être et de chercher chez les autres des amis par effraction.

Cette compassion universelle, qui se cache derrière les particularités, Mauvignier nous l’offre. Plusieurs fois. Mais est-ce suffisant pour le lecteur d’aujourd’hui ?

Le livre que nos temps modernes n’ont pas le temps de lire

A mesure que l’on avance une sensation désagréable de vertige s’empare du lecteur sans repère. La mécanique perd son pouvoir d’attraction avec les pages qui se tournent et la répétition des scènes. Qui peut voir sans fermer les paupières une série infinie de portraits, aussi beaux soient-ils ?

Et l’on passe de l’extase, à l’attente, puis de la lassitude à l’exaspération. Lecteur impatient, lecteur débordé, lecteur médiocre sans doute : je l’avoue honteusement, au dixième personnage j’ai perdu patience et j’ai ouvert les dernières pages.

Le fil invisible et l’écriture implacable ne suffisent pas toujours à garder éveillée (350 pages durant) l’attention d’un lecteur pressé, avide d’intrigue et de justifications.

En abandonnant ce lien avec les besoins contemporains de ses lecteurs, ce beau livre devient de la belle ouvrage, un objet de collection. Et pour reprendre les mots de son dernier personnage (le plus touchant) : « A quoi bon parler dans le vide, à quoi bon parler pour personne, sinon ? »

N’en déplaise à Flaubert, le temps d’un livre sur rien n’est pas encore venu.

L’ordinateur du paradis, de Benoît Duteurtre

22 Sep
Moustache imaginaire

Moustache imaginaire

 Editions Gallimard

 Lu par David

Autant vous le dire : je suis de bien mauvais poil aujourd’hui. Pour ma première critique Virilo et pour mon premier livre acheté dans les rayons d’une (vraie) librairie, il a fallu que je tombe sur la plus belle arnaque de la rentrée. Attention : critique méchant !

Souiller la moustache sacrée !

Au Paradis de la Moustache…

La couverture beige et rugueuse, qui m’avait tant de fois invité au royaume sacré des révélations littéraires, annonçait une belle promesse. Ma courte vie de lecteur m’avait laissé pantois devant Proust, ébahi avec Albert Cohen et bouleversé après Jonathan Littell. Qu’allait me faire vivre l’éminent Benoît Duteurtre, pensionnaire de la sublime collection ?

Le désenchantement…

Pour le dire gentiment, L’ordinateur du Paradis est aussi soporifique qu’inutile. Benoît Duteurtre évite soigneusement à son lecteur tout ce qui fait le plaisir de lire : l’étonnement, l’évasion, le questionnement et même la simple identification.  Ne reste qu’un goût amer, un chat dans la gorge, un poil dans l’œil…

Et s’il pâtit fortement des comparaisons précédentes et brise violemment ma propre chaîne lumineuse, Benoît Duteurtre n’en a pas moins commis un mauvais livre,  un texte sans style ni fond, atrocement beige et rugueux.

Le vol des moustaches sauvages

Un détail en apparence anodin aurait pourtant dû me mettre la puce à l’oreille : comment un écrivain sérieux (et contemporain) peut-il encore, sans second degré, utiliser dans son titre, le vilain mot d’ordinateur ?

Bien plus kitch que racoleur, ce péché originel dénote un décalage flagrant entre l’auteur et son ambition. Décalage qu’on retrouvera dans son personnage principal tout au long du livre et dont il semble d’ailleurs tristement conscient : « J’avais traversé le monde en m’y intéressant, mais sans m’y fondre vraiment ».

Voilà tout le problème. A l’évidence l’auteur s’intéresse sincèrement à nos enjeux contemporains, il croît même avoir percé à jour les schizophrénies de nos sociétés glacées et connectées, et veut à tout prix nous les restituer et afficher sa morne lucidité. Avec une seule obsession lourdement rabâchée : c’était mieux avant ! Du Houellebecq pour les nuls, Finkelkraut déguisé en Marc Levy (oups… double point godwin de la critique littéraire atteint).

On est ainsi prisonniers d’un article sans fin sur des sujets sans fond : conflit de générations, limitation des libertés, frontière public / privé, dangers du web tout-puissant, uniformisation du monde, décrépitude urbaine, vacuité des médias, etc.   Tout y passe. A-t-il seulement oublié que la couverture NRF proscrit rigoureusement la couverture des informations ?

La littérature, celle qui donne à sentir, celle qui crée le hiatus, qui interpelle le lecteur à plusieurs niveaux, est malheureusement absente de ce laborieux essai sur les dérives de notre monde moderne…

Légérement tiré par la moustache…

Pour nous faire vivre ses convictions, Benoît Duteurtre s’efforce de créer des situations et des personnages censés illustrer les turpitudes de notre temps. Dans une avalanche de clichés, on a ainsi droit à l’anti-héros grotesque (le garant des bonnes mœurs pris au piège de ses vices intimes), au syndrome Nabila (les gamins de banlieues propulsés people du jour au lendemain), à la défaite de la pensée (le lycée John Lennon) et à la métaphore ultime de la fin des temps (le Cloud omniscient dans le rôle de Dieu himself…).

Qu’est-ce qu’il y connaît aux moustache, Benoît D. ?

Entre autres techniques éculées, l’auteur s’amuse à reprendre une organisation existante et à la renommer pour tenter de créer à moindre frais un « effet de réel ». TF1 devient CityChannel, Ni putes, ni soumises se nomme plus sobrement Nous, en tant que femmes. Notons que Nous, en tant qu’hommes, sa réponse masculine et riante aux excès du féminisme, est à l’évidence un mauvais plagiat de notre sémillant Prix Virilo. On pressent ici les limites des ressources créatives et stylistiques du monsieur… A force de paresse, en exagérant des scénarios qui se sont déjà produits, l’auteur nous laisse sur le bas-côté, plus intéressés par Jennifer Lawrence et le CelebGate du monde réel que par son Simon Laroche (pas très sexy) et son Grand Dérèglement (pas très crédible).

Et c’est sans évoquer l’intrigue parallèle, qui nous mène (tenez-vous bien) dans l’au-delà… En mal d’imagination, Benoît Duteurtre fait simplement du royaume des cieux un double bancal et appauvri de notre société. Là où la bonne science-fiction tente de construire un système rigoureux et complexe, la « fantaisie » littéraire de notre écrivain reconnu semble prendre ces questions à la légère. Résultat : tous ses effets tombent à l’eau. Ce qui devrait nous effrayer ou tout au moins nous faire penser devient source de ricanements et de WTF incrédules.

Au final, on obtient un tableau naïf du réel et un monde imaginaire incohérent… La barbe !

Une moustache usurpée !

Ah j’oubliais : Benoît Duteurtre a placé son livre dans la liste des « Goncourables » 2014.

La quatrième de couverture explique sans rire que dans L’ordinateur du Paradis « le réalisme se mêle à l’imagination pour mieux éclairer notre présent ». Le seul présent que Benoît Duteurtre éclaire, c’est la triste habitude qu’ont pris les jurys littéraires de ne pas lire les livres qu’ils encensent… Mr Duteurtre a sans doute de gentils amis et un joli curriculum; il n’empêche que rien ne justifie, devant ce bouquin-là, la plus petite courbette.

Et si cette critique ne m’aura pas soulagé, elle aura le mérite de me conforter dans ma décision : dans le cercle des prix littéraires, le Prix Virilo a son mot à dire.

PS : Oui, j’ai un peu forcé sur l’utilisation du mot moustache, mais en tant que jeune premier je me devais d’honorer mon prix d’adoption.

First date avec Marie Nimier, Prix Trop Virilo 2013

12 Nov

Samedi, le Prix Virilo assistait à la lecture au Théâtre du Rond-Point, à Paris, de Je suis un homme, Prix Trop Virilo 2013, par le comédien Philippe Calvario et Marie Nimier herself.

Marie Nimier et Philippe Calvario font l'amour aux mots, avec poigne et machisme.

Marie Nimier et Philippe Calvario font l’amour aux mots, avec poigne et machisme.

 

L’occasion de remettre à l’auteur son prix, à savoir un superbe cadre en pin véritable et un chèque de 11 euros, soit 1 euro de plus que le Goncourt, qualité et virilité obligent.

Kikou, c'est nous!!

Kikou, c’est nous!!

Fort de sa présence moustachue, le Prix Virilo a été salué par l’équipe du Théâtre et le monde des lettres (enfin!), à travers la lecture très lol d’un communiqué écrit par nous-mêmes.

En vidéo : ICI 

Ou par écrit:

«  Dans une rentrée littéraire dominée par des prouesses demi-molles, une femme s’élève contre la métro-sexualisation du machisme et sublime l’homme dans sa trop grande virilité. Face au Femina, Marie Nimier reçoit cette année, haut la moustache, le Prix Trop Virilo 2013 pour son roman Je suis un homme. 

En se mettant dans la peau d’un mâle qui refuse d’être dominé par les femmes, armé de son gros engin et d’une droite facile, Marie Nimier produit la poussée de testostérone littéraire la plus vivace de la rentrée littéraire 2013, la giclure un poil excessive de mots, que vous allez recevoir en pleine figure ce soir. 

Lorsque l’on sait que l’auteur elle-même décrit son héros comme « pas sympathique du tout », et précise qu’elle s’est inspirée pour l’inventer d’un vibromasseur en porcelaine, on ne peut que lui serrer virilement la main. Peut-être une façon pour Marie Nimier de nous démontrer que la plus grande virilité débouche toujours, paradoxalement, sur un con… 

Marie Nimier a le bonheur de recevoir pour son prix un chèque de 11 euros, soit 1 euro viril de plus que le Goncourt. 

Amicalement, Le Prix Virilo. « 

Merci à Marie Nimier, lauréate formidable et peu rancunière.

Merci à Mikael, heureux photographe d’un jour pour la fine équipe moustachue.

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