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La grande idée, d’Anton Beraber

31 Oct

Lu par… LINA !

Livre en finale, BLAM

 

 

 

Cela fait des mois que j’en parle, sans aucun doute, mon coup de cœur de la rentrée littéraire, « BLAM » – bruit d’une main qui claque la couverture d’un livre de 575 pages, tradition prix virilesque pour les coups de cœur -. Cette année, j’ai mis toutes les chances de mon côté pour que mon « poulain » l’emporte : une intrigue grecque pour le Président (même si ce ne sont pas les épisodes les plus glorieux du pays), une écriture travaillée et poétique qui se mérite, de l’aventure, un peu de politique… Merci Anton Beraber d’avoir réuni dans ce premier roman tous les ingrédients pour convaincre mes camarades jurés…

Le pitch : le narrateur est un chercheur universitaire grec qui réalise une thèse sur  la guerre gréco-turque de 1919, la guerre de la Megali Idea (la Grande Idée) portée par les nationalistes grecs. Sa thèse porte plus précisément sur un des combattants, un certain Saul Kaloyannis, personnage mystérieux dont le nom, telle une incantation, est scandé à travers le roman. Sa recherche l’amène notamment à interviewer et à rencontrer une myriade de personnages, à voyager sur les traces de ce héros inconnus à travers le monde, chaque chapitre correspondant à un témoignage, à un nouveau lieu.

Et c’est ainsi qu’on construit les légendes

L’écriture est très travaillée – tellement fouillée dans le vocabulaire, le rythme, la musicalité des phrases – qu’elle rend l’accès au roman un peu difficile. Le premier chapitre est une sorte d’épreuve initiatique, comme sil servait à perdre le lecteur : il n’y a aucune indication de lieu, d’époque, on est immédiatement et totalement immergé dans le roman ; on s’imprègne davantage de l’ambiance, du style que de l’histoire. Le lecteur mène lui-même l’enquête pour réunir toutes les pièces du puzzle, une fois passé les premières pages, on se laisse bercer par le flux des mots. Le roman livre les réponses au fur et mesure et tient le lecteur jusqu’au bout pour connaître le fin  mot de l’histoire.

Pour autant, le sens de l’histoire (y compris de l’Histoire et la façon dont on la raconte qui est un des sujets du roman) n’a pas forcément une importance primordiale, la Grande Idée est aussi une écriture dans laquelle on a envie de se perdre, de se laisser porter, roman que l’on peut arrêter, reprendre et se raccrocher à un nouveau fil rouge sans perdre le plaisir de la lecture.

Le narrateur d’abord témoin, simple scribe, devient progressivement acteur de l’histoire, et donne une dimension supplémentaire au roman. La partie centrale qui porte sur l’incarcération du narrateur dans une Grèce totalitaire nous interroge sur la façon dont chaque pays, chaque régime (ré)écrit son Histoire, sur la façon dont  on efface  des pans entiers au nom d’une vérité.

Je n’en dirai pas plus, je ne veux pas dévoiler la suite, laisser à  tous le plaisir de lire la Grande Idée jusqu’au bout…

La Grèce totalitaire

Le Sillon, de Valérie Manteau

3 Oct

Lu par… Anne

Si vous êtes déjà partis à Bodrum avec le Club Med

 

 

 

 

Si la Turquie vous passe là

 

 

 

Alors que les attentats viennent de frapper Charlie Hebdo (#marronnierlittéraire 2018), l’auteure-narratrice se demande pourquoi cet événement suscite l’émoi dans le monde entier et se lance sur les traces de Hrant Dink, journaliste d’origine arménienne assassiné en 2007 dans l’indifférence quasi-générale.

Je n’ai pas beaucoup aimé ce texte pour plusieurs raisons. D’abord [ !!! Spoiler alert !!! ] parce que je l’ai acheté sur la foi que le sillon en question était au pire mammaire, au mieux inter-fessier. Erreur. Il s’agit du nom du journal où travaillait Hrant Dink. [Fin du spoil] Ensuite parce que je confesse un manque de curiosité patent envers la Turquie contemporaine, ses méandres ethniques et politiques, sa modernité et ses passéismes. Que l’auteure me le pardonne, l’ennui que j’ai éprouvé à cette lecture n’est sans doute pas de son fait (bien qu’un livre plus palpitant aurait peut-être su me sortir de mon marasme intellectuel).

En contrepartie, je vais vous livrer ma recette des lasagnes aux légumes :
Pour 4 personnes, il faut : des pâtes à lasagne, des légumes (éviter les légumes comme les patates, le riz, le ketchup ou les pâtes), de la béchamel, du fromage râpé.
Faîtes cuire les légumes de préférence à la poêle, pour que leur eau s’évapore.
Préparez la béchamel. Je la fais avec des laits végétaux type lait d’avoine parce que ça donne un petit goût sympa. Faites fondre du beurre, en quantité « gros comme ça ». Ajoutez de la farine pour faire un roux (mais ça ne sentira pas). Ajoutez votre liquide (lait ou lait végétal, je n’oblige personne). Fouettez si des grumeaux se forment.
Lorsque les légumes sont cuits et la béchamel aussi, disposez une couche de pâtes à lasagne au fond d’un plat à gratin préalablement beurré. Ajoutez une couche de légumes puis une couche de béchamel et enfin une couche de pâte. Répétez l’opération jusqu’à épuisement des ingrédients et terminez par une épaisse couche de fromage râpé. Enfournez pendant 40 minutes environ.
Parfois je fais réaliser ces lasagnes par un ami, c’est encore meilleur. La recette est alors sensiblement la même, à cela prêt qu’il vous faudra introduire un ami dès la toute première étape de la préparation.
Bon appétit et peut-être bonne lecture.

Vous pouvez aussi faire faire vos lasagnes de légumes par un cheval

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