Tag Archives: rentrée littéraire 2017

Made in China, de Jean-Philippe Toussaint

29 Sep

Lu par…Philippe

Deux moustaches d’auto-kiff

 

 


L’histoire fissa

JP Toussaint narre ses expériences d’auteur et surtout de réalisateur, en Chine, de films tirés de ses propres écrits. Il raconte notamment tout le bien qu’il pense de Chen Tong, son éditeur local et facilitateur, et producteur, et ami (mais pas que).
 
Va, vis, pignole toi.
Ce Made in China, qui hésite entre vision d’écrivain, journal de bord et ego trip, est un brouillon rédigé par un mec un peu prétentieux.
Ça partait pourtant bien : les premières pages dessinent en peu de mots, et de manière juste et drôle, ce que le livre aurait pu être. Hélas, cette patte blanche littéraire a certainement été écrite à posteriori pour donner de l’ambition et de la cohérence à un journal de bord gâté. C’est a l’équivalent d’une vente d’abricots en cagette plastifiée où l’on aurait mis les meilleurs fruits dessus. Hormis ces 40 premières pages et quelques fulgurances, rarement aura-t-on lu un auteur Minuit se pignoler autant sans avoir conscience de le faire.
Rappelons ici que l’auteur fait le récit autobio de voyages en Chine en tant qu’auteur et réalisateur d’adaptation en film de ses propres livres, eux-mêmes auto bio. Ça a un nom. Ça s’appelle l’auto fellation (ou manger son propre caca) et on a déjà fait mieux à lire.
 
Les tribulations d’un Belge en Chine
Pour les amateurs de littérature de voyage, attendez-vous à voir votre lanterne de papier de soie éclairée par un Pécuchet enthousiaste et qui se veut drôle. Et la Chine mes amis ! La Chine ! Terre de contraste. Et d’éternelles surprises. Et d’incommunicabilité malgré la petite interprète qui me mange des yeux ! Et de ruralité ancestrale que l’on découvre parfois au détour d’une ruelle, entre les grillades grésillant à même le trottoir et les vélos trop chargés de poules !
Bref, un titre édité par paresse ou onanisme ou pour financer de quoi faire un prochain tournage en Chine. Ou le trois à la fois. J’ai payé l’écot pour le bien du Prix. Ne faites pas cette erreur.

Le juré admire la souplesse de Jean-Philippe Toussaint

Un amour d’espion, de Clément Bénech

28 Sep

Lu par…Gaël

Duvet de limier

 

 

 

 

Le narrateur à l’identité inconnue, étudiant en géographie saisi par l’inactivité post-examen, part au débotté passer trois mois à New York où il file, pour le compte d’une amie, l’homme dont elle est amoureuse mais avec lequel elle a rompu car il traîne derrière lui un sombre secret.

 

Il y a des références potaches à un ami personnel de l’auteur et par ailleurs auteur chez Gallimard, à une capitale de l’imaginaire lovecraftien, et j’imagine à d’autres choses que je n’ai pas identifiées.

 

On s’y perd.

 

Il y a une bluette new-yorkaise. Il y a l’effleurement tragique de l’histoire contemporaine de la Roumanie. Il y a une connaissance assez encyclopédique de la géographie brooklynienne, acquise au choix grâce à Google Maps ou grâce à un séjour oisif qui a dû ressembler quelque peu à celui du narrateur.

Voyage coût carbone maîtrisé : « alors là je me suis laissé surprendre, j’ai tourné à droite sur google street view ».

 

Il y a une mise en abîme superflue de l’auteur dans un de ses personnages. Il y a pas mal de références ironiquement distanciées© à la culture et au rapport au monde d’une génération digital native. Il y a des photos et des schémas qui dispensent de descriptions. Il y a, honnêtement, quelques moments de grâce d’écrivain – dans le portrait de Dragan, le mystérieux amoureux ; dans une scène de basket de rue impliquant une star de la NBA sur le retour. C’est pop, potache et vite lu. Globalement, ça n’est pas très bien écrit malgré des préciosités, et assez mal construit. Noté par les correcteur du narrateur, ce livre mériterait sans doute un : des facilités, mais pas assez de travail. Dommage.

Pourquoi je n’ai pas lu Vernon Subutex

27 Sep
Lu par…Gaël

En dépit des digressions

Une fresque en plusieurs volumes, qui dépeint Paris à travers ses réprouvés et les conjonctions imprévisibles des destins. Un homme qui sombre lentement dans l’abîme, le vagabondage, et finalement connaît le salut. Un portrait tout à la fois de héros, d’une société, et d’une ville dont les sombres recoins disent la vérité du temps. Un magot mystérieux. Une œuvre de la maturité, qui apporte à son auteur(e) la reconnaissance de la postérité et la sécurité matérielle pour le restant de ses jours.

 

 Vous l’avez deviné : cet été, j’ai lu Les Misérables. J’ai ainsi tranché le dilemme du critique-escroc : pour être légitime dans ce monde sans pitié, faut-il avoir lu les classiques, ou les nouveautés ?

Le critique à l’heure de rendre son papier, devant les rayons vides de sa bibliothèque

 

Je n’en connaissais jusqu’alors que l’adaptation télévisée sans doute la plus brève, à défaut d’être la plus réussie : Les Miséroïdes. Franchement, Hugo, c’est mieux.

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