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Escalier F, de Jeanne Cordelier

15 Oct

Terrible tonsure

Editions Phébus

Lu par Alys

Misèr-euh, misèr-euh

Sur la couverture : une photo de banque d’image avec des boîtes aux lettres. Quand je l’ai vue, je me suis dit que ça avait l’air nul. En bonne cliente, j’ai lu la quatrième de couverture, déjà dégoulinant de misère, et je me suis dis que ça avait l’air nul. Par esprit de contradiction je l’ai lu, et bien chers lecteurs je vous épargne le suspens, c’est nul.

Un livre à lire en famille

C’est toujours sur les pauvres gens…

L’escalier F, c’est l’adresse de la famille XX lorsque les enfants étaient enfants. Un petit appartement exiguë, pour une enfance sordide. Aujourd’hui les enfants ont grandi puis vieilli. Ils tombent malade, se débattent dans leur vie merdique et meurent, pour certains.
Un résumé rapide de l’histoire, par ordre de disparition :
– Le père, mort avant que le livre ne commence. A tripoté au moins trois de ses enfants, filles ou garçons indifféremment, mais les a tous tabassés.
– Un frère, Christian. Le roman s’ouvre sur sa mort. Un peu attardé, un peu différent, il passe sa vie en maison spécialisée, il a le corps qui part en vrille et il meurt seul.
– Une sœur, Lucette, mariée à Michel. À eux deux, ils cumulent trois cancers et en crèvent. Parce qu’ici on crève, la mort n’est jamais digne.
– La mère, le personnage central de l’histoire, celle qui n’a jamais aimé. Alcoolique, violente, haineuse, elle finit par mourir en glissant de son fauteuil, devant sa télé dans la maison de retraite, étouffée par sa méchanceté.
– Un autre frère, Patrick, ancien déménageur au chômage et qui entretient une relation incestueuse avec sa mère (avant sa mort hein, on n’est pas là pour le Trop Virilo). Mais bon vous comprenez, c’est le petit dernier… Il a un cancer du poumon, tape sur les femmes, se tape celle de son frère. Et finit par se pendre à sa mezzanine.

Cinq morts, et surtout cinq enterrements, ça fait beaucoup pour un roman. Sans compter que les survivants ne sont pas en reste : l’aîné  Ed, est accusé d’attouchements sur sa propre fille et sur la narratrice, aussi, probablement, avant. Et finit en taule.

… Que tu t’acharnes obstinément

Alys, du Prix Virilo, fasse au livre. Je crois qu’elle n’a pas aimé.

On arrêtera là l’énumération des malheurs qui malmènent les personnages de ce roman, car ils n’ont aucun intérêt. Le sordide peut être justifié par une cause, une théorie ou un concept. Il peut être poétique, grandiose et absolu même. Ici, il semble simplement médiocre et inutile.

On parle ici d’une fiction auto-biographique. Encore le même tour de passe-passe sur le Je. Deux cas de figures : soit ce roman est une histoire vraie, auquel cas l’auteur aurait dû entamer une psychanalyse plutôt que de se soigner par la publication de sa misère, et nous imposer sa prose irritante de vulgarité. Soit ce roman est une fiction, et c’est presque pire, parce qu’alors on tombe dans le voyeurisme mesquin et glauque, dans du malsain non-abouti.

Un livre totalement imberbe, qui méritait un zéro pointé. Mais le Prix Virilo accordant le droit de pilosité à tous les auteurs, le voilà servi de la note minimale : 1 moustache.

Géographie de la bêtise, de Max Monnehay

28 Août

Moustache stupide

Editions du Seuil

Lu par Claire

Le premier 1/5 de la rentrée. Aux abris.

Après Corpus Christine, prix du premier roman en 2006, la jeune Max Monnehay revient sur son sujet de prédilection, le handicap.

Image

« Sortie littéraire 2012 » aurait été plus adéquat.

Dans son premier opus, qualifié alors de « nothombien » par la critique (gloups – ah le vrai prénom de Max est Amélie ? – re- gloups) son héros, infirme, mourrait lentement affamé par sa femme obèse.

Dans Géographie de la bêtise, le jeune Bastien décide de répondre à l’appel de Pierrot, estampillé idiot du village en chef, et de partir fonder une communauté uniquement constituée d’idiots. La société ne veut pas d’eux ? Soit, eux non plus. Na. Ce qui paraît alors un bon pitch de film se transforme lentement en un roman dont la brièveté ne suffit pas à faire barrage à un endormissement glauque auquel le manque de consistance des personnages principaux participe largement. L’utopie sociale sympathique s’effondre, les idiots meurent dans d’atroces souffrances, la fin n’en est pas une et l’auteur boucle le tout en oubliant de nous éclairer sur le message derrière tout ça.

Alors que les feuilles tombent des arbres, que le rosé de l’été s’est évaporé, que le prix de l’essence flambe et que les députés n’aiment pas les robes à fleurs, pas besoin d’un livre pour nous enfoncer encore plus dans la morosité ambiante. C’est dommage, on aimait bien le titre.

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