Midi, de Cloé Korman

12 Nov

Lu par… Gaël

Gentilles parce que la remise est passée.

 

 

 

 

Claire est médecin dans un service parisien de médecine interne. Claire, étudiante plusieurs années auparavant, s’est occupée d’un théâtre de quartier à Marseille, où, un été, avec des jeunes adolescents elle a aidé à monter La Tempête.

Dominique, Dom, a été un metteur en scène amateur mais doué et charismatique, qui s’est occupé d’un théâtre de quartier à Marseille ou, un été, avec de jeunes adolescents, il a aidé à monter La Tempête. Dominique, plusieurs années plus tard, meurt de la tuberculose dans un service parisien de médecine interne.

Dans ce chiasme se jouent des aller-retours entre présent et passé, à travers lesquels Claire revit cet été qui s’annonçait lumineux mais qui s’est mal terminé, au contact d’un groupe d’enfants, de leurs enthousiasmes et de leurs douleurs. Elle vit aussi la douleur de voir un homme qu’elle a aimé, dans tous les sens du terme, se rapprocher inéluctablement de la mort sans pouvoir l’aider, et comprendre progressivement quel échec a été sa vie depuis cet été raté.

C’est un livre fin et agréable à lire, qui éviter de nombreux travers de l’écriture contemporaine : les sujets abordés sont durs, mais ni sordides ni voyeuristes dans leur traitement ; la vision de l’enfance échappe au double cliché des monstres ou des innocents plein de promesses ; la société, ses difficultés et ses hésitations, est présente autrement que sous une forme pasteurisée au cliché ou muséifiée. Ce que j’ai surtout aimé, c’est la générosité d’un livre qui parle sans les juger des émotions de ces enfants (au fond, à mon avis, le vrai personnage principal du livre), et qui parle de Shakespeare sans écraser le lecteur de la superbe de l’autrice ; Cloé Korman s’appuie pour cela sur une astuce habile : Dom a comme principe de faire se réapproprier les dialogues de la pièce par les enfants, qui écrivent chacun une version contemporéanisée et personnalisée de leurs répliques, permettant à la pièce d’être très présente, sans qu’il ne s’agisse de citations in extenso et tout en permettant un travail sur la langue et les préoccupations des adolescents.

Un livre qui ne marquera sans doute pas l’histoire, mais qui constitue une très rafraîchissante excursion hors des préoccupations germanopratines.

 

Génie moustachu qui purifie

 

NB : Si vous n’avez pas l’illustration, allez voir ici. Puis ici, si vraiment.

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