Vivre ensemble, d’Emilie Frèche

6 Sep

Lu par… Charlotte

Une moustache éssonienne

 

 

 

Je l’avoue avec une franchise teintée d’embarras, c’est par inclination pour les potins germanopratins que j’ai eu envie de lire Vivre ensemble, la dernière autofiction d’Emilie Frèche (si vous êtes passé(e) à côté du « scandale », vous pouvez vous rattraper grâce à cet article). Mais je n’avais jamais lu Emilie Frèche auparavant et n’avais donc pas d’a priori.

L’histoire de Vivre Ensemble est simple… quoi que. Déborah, divorcée, un enfant, est recasée depuis peu avec un homme séparé, un enfant, et elle s’interroge sur le vivre-ensemble. Une question légitime à la base, mais peut-être davantage encore pour Déborah qui cumule les clichés situations insolites. Voyez plutôt.

  • D’origine juive revendiquée, elle a été mariée 15 ans à un musulman avec qui elle a eu un fils, Léo (qu’ils ont failli s’appeler Oslo… oui, oui, en hommage aux accords de 1993). Pas facile.
  • Elle s’est retrouvée dans les attentats du 11 septembre 2001 à New York, du 13 novembre 2015 à Paris et a frôlé ceux de Nice le soir du 14 juillet 2016. Pas de chance.
  •  Son nouveau mec, juif, est avocat et bénévole dans la jungle de Calais auprès des migrants alors qu’il habite à Paris. Pas marrant.
  • Quand elle décide d’emménager avec lui parce qu’il faut vivre (leçon tirée des attentats de Paris), elle découvre que le fils de son amant, Salomon, est un enfant « différent » à tendance psychopathe. Décidément.

Il y aussi la mère de Salomon qui est hystérique, des phoques qui baisent sur la plage de Calais, une femme rabbin progressiste, une petite Beagle qui va mal finir. C’est dingue tout ce que certaines personnes vivent.

Sur le plan littéraire, bon bah ça se lit (très vite). L’adjectif « abyssal » est quand même cité deux fois dans les cinq premières pages et l’auteure semble avoir une prédilection pour les expressions toutes faites sans poésie (je ne les ai pas notées, j’aurais dû, je sais).

Sur le plan du récit, personnellement, je me suis (très vite) ennuyée. Outre la lourdeur des clichés situations, la narratrice a toujours le beau rôle et c’est relou. Son ex-mari est trop sain et cool et ouvert. Son fils est solaire et sympa. Le match est inégal : en face, le nouveau mec est un peu perdu professionnellement, il a un frère mort d’une overdose qui – évidemment – s’appelait Salomon et, on l’a dit, une ex tarée et un fils qui souffre d’une forme d’autisme. Le vivre-ensemble en prend un coup, forcément. Dernier point, quand on sait que c’est une autofiction assumée, tout ça met un peu mal à l’aise aussi. Certes, les cohabitations réussies ne sont pas légion, mais les vertus de l’autocritique et de l’imagination non plus, on dirait.

Puisqu’on vous dit qu’il n’y a aucun rapport !

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