Entrez dans la danse, de Jean Teulé

27 Août

Lu par… Anne

Plaine alsacienne

 

 

 

 

Qu’est-ce qui pousse un juré du Virilo, désœuvré, au cœur de l’été, à s’emparer de la production annuelle de Jean Teulé, connaissant les déconvenues qu’il s’apprête à affronter ? (cf les éditions 2009, 2011, 2013, 2015, j’en oublie sans doute). En dépit de ses capacités intellectuelles et physiques hors norme,  il s’avère que le juré est un homme, ou une femme à moustache, presque comme les autres, il est sensible à l’air du temps, il lui arrive d’écouter France Inter l’après-midi en semaine et de tomber sur une interview de l’auteur en promo. Pour sa défense, comme souvent avec Teulé, le postulat de départ semble alléchant puisque l’auteur prolifique s’empare de l’épidémie de danse qui frappa la bonne ville Strasbourg en 1518. Sans que l’on sache vraiment pourquoi, des centaines d’habitants se mirent à danser, parfois jusqu’à épuisement, constituant l’un des plus grands épisodes d’hystérie collective de l’Histoire. On pense aujourd’hui qu’il s’agissait de l’expression désespérée d’une misère insondable, car les Strasbourgeois, largement abandonnés par les dignitaires de la ville, subissaient depuis plusieurs années une crise économique, alimentaire et spirituelle sans précédent.

Mais comme souvent donc, sur une idée intéressante, Teulé se prend les pieds dans le tapis. Si son roman contient quelques jolies passes littéraires, il est parsemé de maniérismes et de facilités à hérisser le poil des plus Marxistes d’entre nous. Le peuple souffrant est porté aux nues pour son sacrifice chorégraphique, tandis que la bourgeoisie et la hiérarchie épiscopale sont caricaturées à la truelle, façon San Antonio un lendemain de cuite. Sans doute à l’attention des moins affûtés de ses lecteurs, l’auteur parsème son texte d’incises ironico-débiles entre parenthèses afin de bien  marquer son mépris pour les élites (des fois qu’on aurait pas compris) (c’est agaçant, non ?) (si si, franchement, c’est pénible).

Rajustant dédaigneusement sa moustache, le juré retourne à son Fest-noz.

2 Moustaches, 1 pour l’argent, 1 pour le spectacle mais ne marche pas sur mes chaussures en daim bleu.

 

« Ça suffit, Jean, on va en crever de tes conneries. »

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